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Les dimanches matin à la maison se suivaient et se ressemblaient tous. Grasse mat’ pour toute la famille, brunch vers 13 heures, et entre temps la musique de Bach, Mozart, Beethoven et autres compositeurs diffusée a plein tubes dans le salon à l’époque où les premières stations FM émettaient sur les ondes. Musique de sauvages rabâchait mon père. Une chose est certaine : nous sommes passées, mes sœurs et moi, au travers des mailles du filet de Johnny Halliday, Sheila et Alamo et avons même failli louper la new-wave que nous écoutions avec un certain bonheur chez les parents des copains. Cela avait le petit goût délicieux que l’on savoure quand on brave les interdits. Un peu comme la première clope à l’arrière du gymnase.

Enfant timide, atypique, mal dans ma peau, bourrée de complexes, la nature m’avait dotée d’une voix claire et d’une qualité souvent enviée : la note juste. J’enchainais les notes pour moi, ou en voiture. J’aimais bien l’opéra et parfois en cachette je me prenais pour la Callas. Au fil des ans, allez savoir pourquoi, j’ai développé une sorte d’allergie symptomatique à ces compositeurs poussiéreux leur préférant le jazz de Stan Getz, la voix chaude de Diana Krall ou plus récemment les interprétations de Vivaldi et Haendel par Philippe Jaroussky.

Un jour en voiture, j’avais quoi, vingt-cinq ans, peut-être moins, je me suis mise à chantonner d’une voix timide, stylée Birkin, et j’ai poussé un peu, façon Madeleine Peyroux avec un soupçon de swing. Regard noir du conducteur qui me dit sans ménagement : tais-toi ! Tu chantes faux ! Suivi de : tiens, prends un bonbon mentholé t’en as besoin. Il n’en a pas fallu plus pour que mes cordes vocales ne vibrent plus jamais sur la musique. Pas même sous la douche ! Plus rien, nada, clos, cacheté ! Il faut dire que je ne me suis affranchie que bien des années plus tard des jugements de cet homme.

Et tu sais quoi ? Cette année j’ai osé ! Oui ! Je l’ai fait ! J’ai contacté une prof de chant à Lorient et j’ai testé ma voix. Mezzo soprano elle a dit ! Whaouu ! Lors de la représentation de fin d’année où chacun de ses élèves a interprété un morceau devant un public familial dans la jolie chapelle de Saint Guenael, j’ai choisi A voix basse de Juliette Nourredine. Et en ce moment je travaille Lascia ch’io piangacomposé par Haendel et ça se passe plutôt bien, le plus difficile étant la prononciation de l’italien entre deux respirations.

Ne crois jamais ce qu’on te dit pour te blesser ! Ecoute ton âme ! Elle sait ce qui te fais vibrer ! Ecoute ton cœur, vis !

Et toi ? C’est quoi ton prochain défi ?

Catherine Mazerand – Coach intuitive, guérisseuse et conférencière www.catherinemazerand.fr