L’évaluation comportementaliste des enfants de 3 ans à l’école !

Je vous ai déjà parlé des étiquettes que nos parents, nos proches, le système « éducation nationale », et les Autres nous collent sur le dos ? Vous savez ces étiquettes plus ou moins sympathiques qu’ils ont choisies selon des critères qui leurs sont propres, loin d’être toujours objectifs. Ces étiquettes qui se refilent dans la famille, sur nos cahiers, sur nos CV quand nous cherchions à travailler ? Ces étiquettes qui rabaissent, humilient, comparent, jugent et critiquent. Ces mots qui poissent et dont on à tant de mal à se défaire ? Ces expressions qui blessent : trop ceci, pas assez cela, peut mieux faire, etc…Ces maudites étiquettes qui nous collent à l’âme et au coeur.

Certaines s’enlèvent en quelques douches de câlins et de sessions de « m’en fou, m’en tape ! ». Mais d’autres nous demandent des années d’acharnement pour ôter chaque point de colle au solvant. Et puis parfois, alors que l’on croit que l’on a réussi, que ça y est, on en est débarrassé de cette soi-disant tare, de ce défaut, de cette grosse étiquette en papier fluo, on s’aperçoit que non ! En fait il en reste encore quelques traces parce que qu’elle était liée à celle d’à côté, inséparables, de vraies sœurs siamoises… 

Comme si nous n’avions pas assez de professionnels de l’étiquetage dans notre entourage, la DEPP vient de nous pondre « la grille d’évaluation de l’élève » version 2021 destinée à nos petit bouts de choux de 3 ans ! Elle sera remplie par les instituteurs de 1 700 écoles de maternelle françaises et concernera 35 000 de nos enfants. 

«Répond mal à l’adulte ». « Est agité ». « Range n’importe comment ». « Coupe la parole ». Ces mentions sont extraites d’un questionnaire destiné aux élèves des petites sections de maternelle. Réalisée par la Depp, cette enquête va concerner 35 000 enfants qui seront suivis tout au long de leur scolarité. Mais que poursuit donc le ministère avec ces fiches d’observations qui rappellent de mauvais souvenirs ?

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Je m’inquiète sérieusement sur le but recherché.

Quel enfant étiez-vous à trois ans ? Êtes-vous aujourd’hui, quelque soit votre âge, toujours le même individu ? N’avez-vous pas évolué ? Changé de comportements ? Appris de vos erreurs ? Développé vos talents ? Vos compétences ? Pensez-vous que seul l’éducation transmise par vos parents et leurs valeurs fondamentales ont fait de vous l’être que vous êtes ? N’avez-vous pas eu d’autres modèles au cours de votre vie ? D’autres sources d’inspiration ? N’avez-vous pas fait d’autres rêves ? Différents ? Plus grands ? Plus étincelants ?

Quel monde de fous !

Quel monde sommes-nous en train de construire où l’être humain ne représente plus que le nombre à quinze chiffres qu’il s’est vu attribué à la naissance par l’INSEE[1] ? La dépersonnalisation engagée, fera t-elle de nous des modèles uniques à rentrer dans des cases de plus en plus petites ? Formatés jusqu’à l’extrême ? Observés et jugés tout au long de notre vie ? Et alors quoi ? Créera t-on des centres de rééducation pour « redresser » les sujets étiquetés hors normes ? Un monde où les dissidents seront parqués dans des districts suivants leurs pédigrée ? Cela ne vous rappelle rien ? Inventera t-on encore longtemps des tas de pseudo pathologies à médicamenter chimiquement comme le TDHA quand on est trop plein de vie ? Vous est-il possible de concevoir un monde où nous serions tous identiques dans notre façon d’être ? C’est cela l’avenir que nous souhaitons à nos enfants et à nos petits enfants ? Les mauvais sujets seront-ils stérilisés ou broyés parmi les millions de poussins mâles, jugés improductifs, entre des dents d’aciers pour non conformité ?

Les codes de l’hôtellerie, de notre façon de nous nourrir, de nous meubler, de nous vêtir,  tendent déjà à s’uniformiser dans le monde. Comme les séries diffusées sur les chaines payantes traduites en plusieurs langues ou encore les voix monotones et neurasthéniques des journalistes quand ils commentent leurs images, ne laissant paraitre aucune émotion.  Petit à petit les traditions se perdent, les différences culturelles s’effacent et nous mènent vers des références communes. Savez-vous que la langue anglaise est la plus parlée dans le monde qui compte 1, 268 milliards d’anglophones. C’est la référence pour traiter en affaires. Elle arrive avant le mandarin parlé par 1, 120 milliards d’individus. Et la conquête continue !

Nos différences sont des cadeaux !

Ce ne sont pas nos différences qui nous divisent mais plutôt nos ignorances et intérêts.


Aimé Badjam – Écrivain, Poète, Dramaturge, Tchad, Sarh, 1993

Nos différences enrichissent chacun de nous par ce qu’elles nous apportent. Elles ouvrent notre esprit, nous interrogent, nous éveillent, nous font grandir. Elles repoussent les frontières, elles sont sources de malices, de rires, et de joie. Elles créent des alchimies inattendues où l’amour ensorcelle le coeur et l’âme d’êtres complémentaires qui nourrissent la relation de riches partages !

Il est urgent d’agir pour la protection de nos enfants. Pour qu’ils puissent exprimer toute la profondeur de leur être en totale liberté, tels qu’ils sont, parfaitement imparfaits, nés de parents qui le sont tout autant mais qui les aiment ainsi ! Plein de surprises !

Catherine Mazerand 
Coaching et thérapies psycho-énergétiques & corporelles 

www.catherinemazerand.fr 


[1] INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques